Comprendre les vagues de froid
Publié le 3 mars 2010 par Ludovic dans Comprendre la météo, tags: comprendre vague de froid, explication vague de froid, prévision vague de froid, vague de froid, vague de froid 2010
Les vagues de froid – les dossiers pédagogiques de météo-jura.info
Météo-Jura.info la météo et des explications accessibles à tous ! Vos questions, vos réactions : nous vous répondrons avec plaisir sur le forum météo du massif du Jura. Les vagues de froid, comment et pourquoi se produisent-elles ? La prévision d’une vague de froid, comment cela est-il possible ? Définition :
Notre pays peut subir des vagues de froid à partir du mois de novembre jusqu’à la mi-mars. C’est pendant ces mois que les températures sont les plus basses sur la France. Il n’y a pas à proprement parlé de paramètres spécifiques pour parler de vague de froid. Cela dépendra dans un premier temps de la région concernée. Par exemple pour le Jura l’on ne parlera pas de vague de froid parce qu’il à fait – 10c° en montagne durant la nuit. Par contre – 5c° à Ajaccio pour un mois de janvier, c’est une vague de froid. Comme – 5c° à Reims ne sera pas perçu pareil à Nice ou St-Tropez. Météo France parle de vague de froid lorsque les températures sont inférieures de 5c° par rapport aux normales saisonnières sur une durée de 2 jours minimum.
Explication :
Pour qu’une vague de froid se mette en place sous nos contrées, divers éléments doivent intervenir. Ces éléments s’appellent » des centres d’action » en météorologie. Qu’est-ce donc ? Tout simplement un anticyclone et une dépression. Sous nos latitudes se sont l’anticyclone des Açores et la dépression d’Islande qui font la pluie et le beau temps sur nos régions… la plus part du temps ! Dans l’hémisphère Nord la circulation des masses d’air se fait d’Ouest en Est, mais il arrive régulièrement que cette belle mécanique se grippe, se bloque. L’on parle alors de blocage météo.
Blocage, eh oui un blocage de la circulation atmosphérique peut provoquer une vague de froid. Mais qu’est-ce qu’un blocage, l’atmosphère ne bouge plus ? Non, nous allons découvrir comment cela se produit. Lorsque l’on parle de phénomène de blocage en météorologie, il s’agit tout simplement d’un changement de la circulation atmosphérique sur la partie nord de notre hémisphère. Elle se caractérise par une modification de l’orientation de cette circulation qui d’habitude se fait d’Ouest vers l’Est comme nous l’avons vu précédemment. En général en situation de blocage, elle se fait soit du Nord vers le Sud ou du Nord-est vers le Sud-est, mais aussi de L’est vers le sud dans un certain type de blocage.
Cela ne nous avance pas plus sur ce fameux blocage de circulation. Nous y arrivons… Pour cela, vous allez découvrir quelques notions nécessaires à la compréhension de ce phénomène. D’abord un anticyclone se forme ( ou remonte de sud-ouest vers le nord-est pour simplifier) sur les régions Scandinaves. Sachant que la rotation d’un anticyclone se fait dans le sens horaire des aiguilles d’une montre dans notre hémisphère. L’anticyclone dirige donc une masse d’air provenant du Nord-est de la Russie et de l’Europe de L’Est. Cette masse d’air et donc froide, glaciale en hiver. Mais ce n’est pas tout, un second acteur intervient sur la scène : une dépression. Cette dépression se forme généralement sur le golfe de Gène en méditerranée entre la France et l’Italie. Contrairement à l’anticyclone, la dépression à une rotation inverse de celui-ci (dans notre hémisphère). Elle dirige donc à son tour une masse d’air provenant du Nord, Nord-est du continent Européen. Cette masse d’air et donc, elle aussi, fraiche en période estivale ou froide voir glaciale en période hivernale. Ainsi un blocage est né, bloquant la circulation atmosphérique « classique » d’Ouest en Est.
D’autres scénarios sont possibles quant à l’arrivée d’une vague de froid, mais il y aura toujours un anticyclone sur la scène. Pourquoi ? L’hiver de gigantesques masses d’air froid naissent sous les hautes latitudes de notre globe, qui en cette période reçoit beaucoup moins d’énergie solaire. Lorsque du froid stagne sur le continent Eurasien, un anticyclone de surface se crée. Se phénomène est simple à comprendre, l’air froid étant plus « lourd » que l’air chaud il aura tendance à favoriser la création de haute pression, on parle alors d’anticyclone de surface. Le phénomène s’autoalimentera par la suite du fait qu’il amènera de l’air froid sur son flanc sud s’il est placé sur l’Europe. Cela explique notamment la durée assez longue de ce type d’anticyclone. Ainsi la persistance d’une incursion froide dépendra de la longévité ou non de l’anticyclone et de son devenir. Les anticyclones thermiques (Polaire et de Sibérie, explication paragraphe ci-dessous) apparaissent uniquement en hiver lorsque le froid est suffisamment intense sur ces régions pour créer d’immenses champs de hautes pressions.
Des centres d’action communs :
Bien qu’il n’y ai pas de vague de froid typique, il y a toujours le même groupe d’acteurs, qui sont les centres d’action. En météorologie l’on parle de centres d’action pour ainsi nommer les anticyclones et les dépressions. Ceux sont eux principalement qui induisent un mouvement, une dynamique atmosphérique et donc des interactions. Soulignons aussi que d’autres phénomènes physiques induisent une dynamique atmosphérique, la rotation de notre planète et la force de Coriolis ainsi que le champ de gravité.
Nous retrouverons donc sous nos latitudes des centres d’action communs :
- l’anticyclone des Açores, nommé ainsi car il se situe en général dans les régions des Iles précitées
- l’anticyclone polaire, se situant dans la région du pôle
- la dépression d’Islande, se trouvant dans le pays du même nom
- les dépressions venant de l’atlantique
- la dépression méditerranéenne, généralement entre la Corse et le golf de Gène
L’amorçage d’une vague de froid sera toujours en association avec un anticyclone. Nous avons vu ci-dessus que les anticyclones thermiques sont l’une des clés pour qu’une vague de froid atteigne l’Europe de l’ouest. Leurs forces et leurs positions sont donc prépondérantes pour l’arrivée du froid. De manière générale l’arrivée du froid emprunte donc toujours les mêmes « routes »
Le schéma ci-dessus représente les mécanismes en place pour que de l’air froid se dirige vers l’Europe de l’ouest et donc la France. Nous avons donc nos deux protagonistes qui sont respectivement l’anticyclone et la dépression. Le sens des flèches indique la rotation des masses d’air. L’on constate que de l’air froid s’engouffre sur le flanc NE de la dépression et sur le flan SE de l’anticyclone.
Les centres d’action ne sont bien évidemment pas toujours à la même « place ». Cela aura donc une influence sur l’origine de la masse d’air. Celle-ci pourra être d’origine plus maritime, donc plus humide et favorable aux chutes de neige. Ou alors elle pourra être de type continental et donc plus sèche et froide.
Combien de temps peut durer une vague de froid en France ?
La durée d’une vague de froid est assez variable, il est donc difficile de donner une échelle de temps précise. Cependant l’on peut d’une manière générale dire qu’une vague de froid dure de une à trois semaines. Pour comprendre ce phénomène temporellement, il est important de savoir qu’une vague de froid se compose de trois phases chronologiques.
- la phase de refroidissement : la masse d’air froid arrive sur nos régions en l’espace de une à trois journées. Cette première étape porte le nom de « phase advective froide ». Elle peut être accompagnée de pluies verglaçantes ou de neige.
- la phase d’auto alimentations : cela va dépendre essentiellement du positionnement des centres d’action et de leurs capacités à la maintenir. C’est pendant cette période que le froid est le plus rude, ce paramètre peut être accentué par une couche de neige au sol qui aura un effet radiatif sur le rayonnement solaire (le blanc renvoi les rayons solaires), cela s’appelle l’albédo. Cette seconde étape s’appelle la « phase radiative ».
- la phase de réchauffement : les centres d’action responsables du maintien du froid s’affaiblissent ou se décalent laissant place au redoux. Cette période peut être rapide et inférieure à une journée ou alors prendre deux ou trois jours. Cette troisième et dernière étape s’appelle la « phase advective chaude ».
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