Le voclan Eyjafjöll

L'image ci-dessus permet de suivre en direct, le parcours et l'évolution du nuage de cendre du voclan Eyjafjöll.

Entré en éruption le 20 mars 2010, après un repos de près de 200 ans, le volcan islandais Eyjafjöll est recouvert par l’Eyjafjallajökull, une calotte glaciaire.
Depuis le 14 avril 2010, le volcan est entré dans une nouvelle phase éruptive. D’abord sous forme de fontaines de laves (magma en fusion projeté à quelques centaines de mètres), l’Eyjafjöll projette depuis la mi-avril des quantités de cendre impressionnante dans l’atmosphère.
Pourquoi ? Une seconde fissure se trouvant sous le glacier Eyjafjallajökull s’est ouverte. Le magma est donc en contact direct avec le glacier générant des explosions au contact de la glace (vapeur d’eau). Ce sont ainsi plusieurs kilomètres cubes de cendres (silicate) et de vapeurs d’eau qui sont expulsées dans l’atmosphère à des altitudes de plusieurs kilomètres.

Quelles conséquences pour le climat ?

Hormis les perturbations à l’échelle européenne du trafic aérien, ce type d’éruptions peut engendrer des modifications météorologiques selon la durée de l’éruption et la quantité de débris et cendres volcaniques rejetés dans l’atmosphère. En effet selon la quantité de dioxyde de soufre et de cendres rejetés dans l’atmosphère et la stratosphère, un refroidissement de plusieurs mois à plusieurs années peut se produire.
Ce type de phénomène se produit lorsque le dioxyde de soufre se « mélange » avec la vapeur d’eau contenue dans l’air (atmosphère). Ce gaz se transforme alors en acide sulfurique liquide, il devient un aérosol, fines gouttelettes de quelques microns de diamètre.

La particularité de cet aérosol est qu’il absorbe et réfléchit une partie du rayonnement solaire vers l’espace. Il a pour effet de réchauffer la troposphère dans un premier temps de quelques degrés, l’effet inverse s’amorçant ensuite et peut durer plusieurs années. La réduction du rayonnement (énergie reçue à la surface de la Terre) reçu peut alors diminuer de 5 à 10 % selon les cas. Cela a pour effet d’entrainer une baisse des températures au sol de l’ordre de 0.10c° à plus de 1c°.

L’exemple du Pinatubo aux Philippines permet d’illustrer le refroidissement qui en a découlé. Lors de son réveille après plus de 500 années de sommeil, le stratovolcan sorti de sa torpeur en juin 1991. L’éruption qui s’en suivit fut l’une des plus importantes du XX siècle ! Elle eut des répercutions planétaire, le volume de matériaux rejetés dans l’atmosphère fut estimé à plus de 10 km3, provoquant un refroidissement de 0.60c° pendant 3 ans ! La fin de l’éruption s’acheva le 2 septembre 1991.

À quoi nous attendre ?

Pour l’instant il est bien présomptueux d’affirmer que l’éruption sera terminée dans quelques jours, tout comme il est inadmissible d’entendre dans les médias que celle-ci n’aura aucun effet ou de répercutions sur le climat.

Aujourd’hui les scientifiques sont incapables de répondre à cette question : quand l’éruption se terminera-t-elle ? Celle-ci pourrait encore durer quelques jours, quelques mois ou une année. Dans ce cas le volume de matériaux rejeté dans l’atmosphère pourrait être assez conséquent pour avoir des répercussions climatiques globales.
Vous pouvez suivre l’évolution de la situation en direct sur eurocontrol.

@ suivre…

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